
Dachimawa Lee, la classe incarnée. Agent secret, bourreau des coeurs, son rire gras et ses cheveux gominés ne résistent à personne. Le James Bond Coréen :
Oubliez le sérieux plombant d’un Quantum of Solace, Dachimawa Lee est une comédie parodique dans la continuité d’un Max, la menace. Ce 007 Coréen est un magnifique poseur qui impose le respect par sa seule présence. Avec toujours la bonne réplique (un chien assoiffé doit boire), sa classe côtoie le grotesque.
Mais l’heure est grave, il doit retrouver une statue en or contenant les noms de tous les agents secrets coréens, forcé de se rendre en Mandchourie Occupée par les Japonais pour déjouer un vaste complot. Évidemment, qu’il soit en Chine ou aux Etats-Unis, Dachimawa Lee maîtrise toujours la langue locale.

Et si ses partenaires sont toujours des femmes, il se défend au maximum de faire le Don Juan. Son travail, sa vie, c’est sa patrie, d’ailleurs il n’hésitera pas à le chanter. Pour défendre son pays, l’agent secret aura le droit à plusieurs gadgets complètement cons, d’un flingue massu inutilisable (comprenez que le barillet est bouché par des poids), à un chewing-gum rendant l’haleine paradisiaque pour finir avec un bidet portable (l’hygiène partout, n’importe où).
Figure grotesque, le film navigue donc dans un surjeu kitch volontaire. Comme ces femmes amoureuses qui agissent comme des petites enfants, ou encore quand Dachimawa Lee pleure (c’est plus une tempête avec de l’orage – bon appétit) la mort d’un agent… Et les étrangers du film – Chinois/Japonais sont tous des grosses caricatures, avec des accents poussifs et des tronches pas possibles (le Militaire Japonais avec ses dents pourries !).

Dans cette parodie, si l’on trouve des références explicites à certains James Bond (les nuits filmées de jour !), ou encore à Jason Bourne (le trou de mémoire !), on pourra être surpris de découvrir un passage complet revisitant The Blade qui se termine par une scène d’action haute en voltige à vous faire perdre la tête (des moments qui nous rappellent que le film est réalisé par Ryoo Seung-wan – The City of Violence) Sympa et inattendu !
Néanmoins, le film connaît des baisses de rythme avec quelques faux retournements rallongeant la durée de l’histoire – même si cette idée est bonne (c’est quand même le truc grotesque par excellence). Bref, la machine comique fait par moment du surplace tant l’histoire est bateau – un problème récurrent chez ce genre de production. À force de chercher l’humour partout, le film délaisse son histoire.
Dachimawa Lee est un divertissement loufoque qui ne décolle pas malgré son univers décalé, son humour sympathique (la pilule de cyanure est une bombe !) et un acteur principal excellent.
2,5/6